Histoires de voyage

Il n’y a pas que le tango dans la vie ! Voici quelques faits ou rencontres marquantes durant mes voyages.

Le commerce des Martiens ne connaît pas la crise

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Magasin à Capilla del Monte (Argentine), 22 décembre 2016 © Tango tout horizon

Mon amie argentine m’avait vanté la beauté des paysages de son lieu de résidence, d’autres les forces mystiques, et d’autres encore la présence… d’ovnis ! Capilla del Monte, commune située à 400 km au nord-ouest de Buenos Aires, au cœur de la province de Cordoba. Un endroit de choix pour passer Noël, le premier, loin de ma famille et hors du territoire français. Le panneau de bienvenue de la ville, surmonté d’une tête d’Alien aux yeux « vert-luisants », annonce la couleur. Je m’amuse à observer, en déambulant dans la ville, toute référence aux extraterrestres comme ce panneau indiquant le « Centre d’information des ovnis » (que je n’irai d’ailleurs jamais visiter), le fronton de l’office de tourisme dont le slogan, « Energia, naturaleza, Misterio » (Energie, Nature, Mystère) illustré d’une tête d’alien, les boutiques qui vendent des produits en tout genre en rapport avec les extraterrestres. Les personnes en quête de pratiques divinatoires ou spirituelles sont également servies. La ville regorge de lecteurs de tarot et de chiromanciens, de boutiques de pierres précieuses énergétiques. Je m’amuse également à demander aux habitants s’ils ont déjà vu des ovnis. Certains me répondent qu’ils ont aperçu des lumières étranges dans le ciel. D’autres me disent qu’ils n’ont jamais rien vu et que cette théorie a été inventée de toute pièce à des fins touristiques. Mais j’arrête de rire le premier soir, lorsque je me réveille en pleine nuit pensant à toutes ces histoires d’extraterrestres. La seconde nuit, une tempête tonitruante éclate avec des grêlons et je pense : « Ca y est, Ils sont venus me chercher ! » Ca ne sera d’ailleurs pas la seule tempête durant mon séjour. Bon, finalement, je n’ai vu aucune trace d’ovni à Capilla del Monte et ses habitants ne semblent pas traumatisés par leur existence réelle ou imaginaire. Ils semblent profiter tout simplement de sa nature environnante avec ses montagnes et innombrables ruisseaux. Magasin à Capilla del Monte (Argentine), 22 décembre 2016 © Tango tout horizon

« Le gouvernement n’en a rien à foutre des gens »

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Une longue file d’attente devant une banque du centre-ville de Cordoba en Argentine. Nous sommes au mois de décembre, à l’approche des Fêtes de Noël. C’est l’été et le thermomètre affiche plus de 30°c. Les personnes présentes, dont de nombreuses personnes âgées, patientent, résignées, et se protègent du soleil comme elles peuvent, c’est-à-dire avec un journal sur la tête. En me promenant, à la recherche d’un cadeau de Noël, je constate la même scène devant différentes banques. Un Argentin, me voyant sortir mon appareil photo, se lamente : « Le gouvernement n’en a rien à foutre des gens. C’est comme au Venezuela ». En apparence, l’Argentine ressemble à la France. Mais il y a des petits détails qui fâchent. Peu d’établissements commerciaux, par exemple, acceptent la carte visa. Et quand ils le font, certains d’entre eux facturent 10 % du prix total en plus.  Côté distributeur automatique, le plafond maximum de retrait pour les étrangers (peu importe la banque) est en général de 1500 pesos, soit environ 90 euros (avec 97 pesos de frais quel que soit le montant), et avant juillet 2016, les distributeurs automatiques ne délivraient pas de billets au-dessus de 100 pesos, soit 6 euros ! Ces plafonds peu élevés, ajoutés à l’inflation et au coût de la vie qui est assez proche de pays européens comme la France, obligent donc à retirer fréquemment de l’argent liquide. Les machines sont d’ailleurs rapidement vides. Autre dysfonctionnement : les Argentins doivent se rendre à la banque pour toucher leur retraite. Il n’est donc pas rare de voir des dizaines de personnes attendant leur tour à l’intérieur et à l’extérieur de la banque. « C’est l’Argentine… », comme le disent mes amis argentins. Cordoba (Argentine), 20 décembre 2016 © Tango tout horizon

Le jour et la nuit

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Rosario (Argentine), 10 décembre 2016 © Tango tout horizon

Rosario, située au nord-est (300 km) de Buenos Aires, est une ville que j’apprécie pour sa tranquillité, son fleuve mythique, le Parana, et ses lieux de détente. Les habitants sont connus pour leur décontraction et leur amabilité. Se faire inviter à un asado (barbecue typique de l’Argentine), par des professeurs de tango, juste après une première leçon, ce n’est pas courant. Pourtant, la nuit, je ne me sens pas en sécurité à Rosario, beaucoup moins que dans des grosses villes à la réputation bien plus sulfureuse comme Buenos Aires. Peut-être parce que les rues sont désertes, et que j’ai le réflexe de penser qu’une personne mal intentionnée osera moins agir en présence de témoins. Mes craintes se confirment lors d’un repas dans un quartier légèrement excentré de la ville où chacun des invités argentins racontent une ou plusieurs expériences d’agression. Cela contraste avec l’image de la ville tranquille. Mais on s’adapte en prenant les précautions nécessaires, car Rosario vaut tout de même le détour. Rosario (Argentine), 10 décembre 2016 © Tango tout horizon

Quand le maté te mate

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Je pensais que le maté était avant tout argentin. Mais les Uruguayens semblent en consommer davantage. En Argentine, la consommation de cette boisson chaude se fait plutôt à la maison. A Montevideo, les citadins en consomment également dans les lieux publics. On les voit souvent marcher dans la rue avec le thermos sous le bras et le bol à maté dans la main. Aussi, je me demande comment ils parviennent à ne pas tout faire tomber quand ils ont, en plus du maté, leurs courses à porter ou une poussette à tirer ! Mais le maté reste le plus fort, tel une tétine pour un enfant, l’Uruguayen n’oublie pas de l’emporter en vacances. C’est le cas de ce septuagénaire (photo ci-dessus) patientant pour la traversée en bateau à destination de Buenos Aires et sirotant avec plaisir cette boisson reconnue pour ses vertus thérapeutiques. Pause maté à l’embarcadère de Colonia (Uruguay), 9 décembre 2016 © Tango tout horizon

Cabo Polonio, une nature à portée de main

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Loups de mer, Cabo Polonio (Uruguay), 1er décembre 2016 © Tango tout horizon

Certains ont eu des sueurs froides en voulant s’approcher trop près de ces êtres aux allures nonchalantes. Même si les loups de mer ne se déplacent pas très vite, ils savent se montrer suffisamment menaçants pour avoir la paix. Le mieux est de les observer à quelques mètres de là et c’est déjà beaucoup. J’ai pris l’habitude de leur rendre visite une fois par jour et de les contempler longuement, à seulement 5 minutes à pied de mon hostel. Cabo Polonio est un ancien village de pêcheurs difficile d’accès et aujourd’hui réserve naturelle. Ses paysages alternent entre dunes de sables, plages et rochers. Ce petit coin de paradis du bout du monde a vu son tourisme grimper ces dernières années. Pour l’instant, la cohabitation homme-nature semble fonctionner. Les déchets sont rares, beaucoup de maisons sont en bois recyclé, certaines n’ont ni eau, ni électricité. Le soir, les terrasses de bars sont éclairées à la chandelle, les activités sont peu nombreuses… On a l’impression que le temps s’est arrêté. Mais jusqu’à quand ? Loups de mer, Cabo Polonio (Uruguay), 1er décembre 2016 © Tango tout horizon

Uruguay, un somnifère salvateur

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Arriver dans un pays comme l’Uruguay fait du bien. Surtout après un géant comme le Brésil et avant l’immensité de l’Argentine. Un Uruguayen rencontré à une milonga (bal de tango) m’explique que l’Uruguay a été fondé pour servir de tampon entre ces deux grands pays. Et voici ce que me raconte un guide lors d’une visite de la capitale, Montevideo. « A l’étranger, ils nous considèrent comme des progressistes. Mais c’est juste qu’on se fout de tout. On se fout de la religion, du mariage… Fumer de la marijuana pour les jeunes, ce n’est même plus cool comme avant… ». En tout cas, l’Uruguay, qui a légalisé la culture, la vente et la consommation du cannabis pour contrer le marché noir et ses conséquences, fait figure de pionnier.  En résulte une capitale – comparée à celles que j’ai visitées au cours de mon voyage – assez zen. Une tranquillité, qui me donne envie de dormir dès que je mets un pied dehors. On ne peut pas mettre cela sur le compte du soleil, car bien que l’été approche, il ne fait pas (encore) si chaud. Le rythme des gens, la faible densité de population dans les rues, la plage (surtout pour lézarder, baignade à éviter), le centre-ville à taille humaine dont il est facile de faire le tour, tous ces éléments permettent de ralentir la cadence et de se reposer dans la course, parfois effrénée, du voyage. Montevideo (Uruguay), 25 novembre 2016 © Tango tout horizon

Candomblé, plus qu’une « transe en danse »

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Cérémonie de Candomblé, Santo Antonio (Brésil), 20 novembre 2016 © Tango tout horizon

Dans une favela, à Santo Antonio, à 100 km au sud de Salvador de Bahia. Mes amis bahianais et moi-même pénétrons vers 22h dans la cour d’une maison pour une cérémonie pas comme les autres. La décoration, riche en drapeaux et ballons colorés, me fait d’abord penser à une fête d’anniversaire. Nous attendons sagement sur un siège, en discutant calmement. Puis, entrent en scène trois percussionnistes (qui seront relayés durant toute la nuit), suivis de danseurs et chanteurs, vêtus principalement de noir et de rouge. Ce sont des initiés du candomblé, une religion héritée des esclaves africains. Autour d’eux se forme un groupe de fidèles. Parfois, le contact d’un initié (embrassade, regard) vers une personne de l’assistance suffit à plonger celle-ci dans un état de transe. Une femme souriante, semble être l’actrice principale de ce rituel. De manière lascive et désinvolte, elle asperge le public d’un parfum, fume des cigarillos, boit du vin et en propose aux personnes présentes. Les tambours frappés à tout rompre, les chants, la danse, les couleurs provoquent un tourbillon de sensations. On me donne aussi l’accolade que j’accueille avec joie. Mais cette joie se transforme en peur quand j’entends les paroles suivantes : « Bienvenida Doña Maria Padilha, esposa de Lucifer ». Mais où ai-je bien pu mettre les pieds ? On continue la cérémonie avec un bon plat brésilien dont les ingrédients sont similaires à ceux utilisés dans la cuisine camerounaise : feijoda (ragoût de haricots noirs avec du bœuf), riz et aracajé (spécialité de Bahia), le tout arrosé de tapioca (farine de manioc). A 5h du matin, alors que la fête s’étend sur 3 jours, avec mes compagnons nous levons les voiles. Je demande alors à l’un d’entre eux pourquoi honorer la femme de Lucifer. Sa réponse, « parce qu’on a besoin », me laisse perplexe et me pousse à faire quelques recherches sur internet. J’apprends alors que dans les cultes candomblé, on célèbre régulièrement les orishas, divinités protectrices présentes dans le panthéon yoruba (groupe ethnique d’Afrique). Il existe également des esprits, comme Maria Padilha, une figure historique complexe du 14e siècle, dont l’image est associée à la femme indépendante, puissante, mais aussi à la prostituée, à la sorcière. Elle est invoquée par le commun des mortels notamment pour des questions d’ordre sentimental. Lui dédier une grande fête, une fois par an, est donc une façon de la remercier pour les prières qu’elle exauce et d’entretenir des bons rapports avec elle car à priori, il vaut mieux l’avoir comme amie que comme ennemie. Je découvre tout un monde après des années de formatage judéo-chrétien. Le candomblé ? La connexion entre le monde matériel et la sphère invisible, un pont entre le Brésil et l’Afrique. Cérémonie de Candomblé, Santo Antonio (Brésil), 20 novembre 2016 © Tango tout horizon

Tu veux du beau, tu paies plein pot !

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Parc national de la Chapada Diamantina, Lençois (Brésil), 25 octobre 2016 © Tango tout horizon

Dans la plupart des pays que j’ai visités, j’ai pu faire quelques randonnées seule ou accompagnée d’autres voyageurs. J’apprécie cette liberté de mouvement, tout en respectant les chemins balisés. Mais ici au Brésil – tout comme en Colombie d’ailleurs – il est souvent difficile de cheminer sans guide. La raison invoquée : le manque de balisage donc le risque de se perdre. A Lençois, dans l’Etat de Bahia, j’ai visité seule quelques cascades, mais pour le célèbre parc national de la Chapada Diamantina, j’ai dû me résoudre à prendre un guide, dont le coût n’est pas donné. Tant mieux pour les guides car ce travail représente leur principale source de revenu, tant pis pour les baroudeuses de mon crû qui tentent de faire des économies. Bon, au final, je n’ai pas été déçue. Canyons à couper le souffle, multitudes de cascades aux eaux cuivrées (résultant de la décomposition organique)… Oubliant les préoccupations d’ordre matériel, jai accueilli toutes ces merveilles à bras, yeux et coeur ouverts ! Parc national de la Chapada Diamantina, Lençois (Brésil), 25 octobre 2016 © Tango tout horizon

Bahia, Rio, Itamari… des allures de Marseille et d’Afrique

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Museu da misericórdia de Salvador de Bahia (Brésil), 19 octobre 2016 © Tango tout horizon

Je trouve au Brésil tant de similitudes avec des villes et des lieux que je connais. Prenons le cas de Salvador de Bahia. Première capitale du Brésil au 15e siècle et 1er marché d’esclaves à destination des plantations de canne à sucre. L’architecture, les toits en tuiles, les murs décrépis de vieux bâtiments – pour nombre d’entre eux laissés à l’abandon – me font penser au quartier historique de Marseille, le Vieux panier. En pénétrant dans la favela Bairro da Paz, toujours à Salvador, je me retrouve propulsée dans le quartier Melen à Yaoundé au Cameroun dont les maisons ont été construites de manière spontanée par ses habitants. En poursuivant au sud de Salvador, guidée par un Bahianais, je séjourne dans le tranquille village d’Itamari, au cœur des plantations de cacao. Là-bas, j’ai l’impression d’être dans mon village maternel, Banwa, situé à 300 km au nord ouest de Yaoundé. A Rio de Janeiro, je m’aventure du côté du Museu do Amanhã  (Musée de Demain), chef d’œuvre architectural au bord de la baie de Guanabara à Rio qui a ouvert en décembre 2015. A l’instar du Mucem de Marseille, l’extérieur vaut plus le détour que l’intérieur, tant l’exposition permanente manque de consistance. Les différents points de vue de la ville, les collines, les îles, les anciennes usines réhabilitées en centres artistiques (comme la friche de la Belle de Mai), certaines plages où différentes classes sociales se côtoient, me rappellent également Marseille. Alors pourquoi voyager si loin si c’est pour trouver des choses similaires ? Le plaisir de la découverte ! Car malgré certains aspects familiers, l’organisation, la langue, la culture diffèrent d’un pays à l’autre et restent une grande  source d’enrichissement personnel. Museu da misericórdia de Salvador de Bahia (Brésil), 19 octobre 2016 © Tango tout horizon

Bercée par les bruits de l’Amazonie

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Amazonie près de Manaus (Brésil), 14 octobre 2016 © Tango tout horizon

J’imaginais la forêt amazonienne humide, dense, dépourvue de toute trace humaine. Mais ce paysage n’est à priori pas accessible lors d’un tour organisé de 4 jours. Au départ de Manaus, capitale de l’Etat de l’Amazonas au Brésil et comptant plus de plus de 2 millions d’habitants, nous prenons (avec le guide et 3 autres personnes) la voiture jusqu’à un embarcadère. De là, nous montons dans un petit bateau. Au bout de quelques minutes, le guide s’arrête pour nous montrer un phénomène étrange : la rencontre de deux fleuves, Rio Negro et Rio Solimoes, reconnaissables à leur couleur, noire pour l’un et ocre pour l’autre. Comme l’eau et l’huile, ces deux fleuves, qui forment le fleuve Amazone, s’écoulent côte à côte mais ne se mélangent qu’après plusieurs kilomètres (densité, température et débit différents). Puis de nouveau en voiture, avant de terminer le trajet dans une barque en bois équipée d’un moteur. Ce sera notre « jeep de fleuve » pour tour le séjour. En chemin, je suis surprise de voir des vaches brouter sur les rives du Rio Negro, des maisons flottantes, un bateau scolaire, un supermarché flottant… Notre première nuit, nous la passerons dans un lodge, une maison en bois construite près de la berge. Ensuite, nous ferons des activités proposées par tous les opérateurs de l’Amazonie : pêche aux piranhas, découverte de plantes médicinales… Nous verrons de nombreux caïmans, avantage de la saison sèche où le niveau du fleuve est bas, permettant de voir les ces reptiles bronzer au soleil. On aura l’occasion d’apercevoir également des dauphins roses, mammifères très mystérieux qui vivent en eau douce. Mais ce qui me fera le plus frissonner, c’est de dormir les deux nuits suivantes dans un hamac avec pour seul toit une moustiquaire. On se sent si vulnérable face aux cris singuliers des singes hurleurs qui marquent leur territoire pendant la nuit. Finalement, l’Amazonie les yeux fermés, c’est encore plus magique ! Amazonie près de Manaus (Brésil), 14 octobre 2016 © Tango tout horizon

Vallée de Cocora : on se sent tout petit

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Vallée de Cocora (Colombie), 4 octobre 2016 © Tango tout horizon

J’aime ce choc visuel entre palmiers et montagne. Emblème de la Colombie, le palmier de cire pousse dans la région andine à plus de 2 500 m d’altitude et peut atteindre 60 m de hauteur. Une belle boucle près de la commune de Salento (300 km à l’est de Bogota) permet de l’admirer. On chemine à travers prés et forêts, au-dessus des rivières, entre brume et soleil… Un paysage enchanté ! Vallée de Cocora (Colombie), 4 octobre 2016 © Tango tout horizon

Medellin, déjà dans le futur

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On ne s’attend pas à ce qu’une ville comme Médellín, jadis ensanglantée par le conflit armé colombien, soit aujourd’hui à la pointe en matière de transport. A Bogota, capitale du pays, il faut parfois près d’une heure pour faire 10 km en bus, seul mode de transport public. A Medellin, seconde ville de la Colombie, située à environ 400 km de Bogota, on a le choix entre métro, tramway, bus et surtout téléphérique, appelé metrocable. Ceux qui l’utilisent – hormis les touristes de mon espèce – ne sont pas en vacances. Les habitants l’empruntent pour aller travailler ou vaquer à leurs activités. Un autre moyen de locomotion se développe : las escaleras electricas (escalators). Encore une fois, il ne s’agit pas d’une invention mais c’est l’objectif de cette installation qui est novateur. Tous ces objets qui montent et qui descendent sont bien pratiques dans une ville qui n’a cessé de s’étendre et de grignoter les montagnes environnantes rendant certains quartiers très difficiles d’accès avec un fort dénivelé. Si l’on invente un jour la télétransportation, cela ne m’étonnerait pas que Médellin en soit la ville pionnière ! Le metrocable à Médellín (Colombie), 27 septembre 2016 © Tango tout horizon

Le tango au berceau

Le tango est précoce à Médellin, considérée comme la capitale colombienne du tango, ville également où Carlos Gardel, célèbre chanteur de tango, est mort, en 1935, dans un accident d’avion. Ce soir, il s’agit d’une milonga spéciale pour célébrer un jour spécial : el dia del amor y la amistad (la journée de l’amour et de l’amitié). Je suis subjuguée par l’énergie et la dextérité de ces deux danseurs de 15 ans. Ils sont jumeaux – ça aide pour une danse où la connexion est primordiale – et dansent le tango depuis l’âge de 7 ans. Certes, il s’agit d’un tango chorégraphié (différent du tango de milonga, qui est improvisé), qu’ils ont répété maintes fois. Mais tout de même ! Après eux, d’autres adolescents et même une fillette de 5 ans me font hésiter à fouler la piste de danse. Un des jumeaux m’invite à danser. Panique à bord ! Je fais de mon mieux mais quelque chose cloche. Manque de connexion ? Stress ? Pas uniquement. Nous ne dansons tout simplement pas le même tango, en d’autres termes, nous avons un langage différent. C’est là toute la richesse du tango ! Milonga à Apuro Tango, Bogota (Colombie), 24 septembre 2016 © Tango tout horizon

La Guajira, pile ou face ?

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En route vers Punta Gallinas, La Guajira (Colombie), 15 septembre 2016 © Tango tout horizon

Le voyage est plutôt épique pour se rendre dans le coin le plus au nord de la Colombie et de toute l’Amérique du Sud, Punta gallinas (pointe des poulets), situé dans le département de la Guajira. Le chauffeur de 4X4, perdu à de nombreuses reprises, doit aussi éviter de s’embourber dans les « rivières » creusées par les récentes pluies. En partant de la commune d’Uribia, on traverse une série de paysages, qui d’abord me font penser à la Camargue et à la Crau dans le sud de la France. La terre, quasi désertique, est parsemée, de temps à autre, de forêts de cactus ou d’arbustes. On finit le trajet les pieds dans la mer des Caraïbes après avoir escaladé une grande dune de sable. Ce qui fait la beauté de ce décor unique c’est le mariage des couleurs : le bleu du ciel et de la mer avec l’ocre de la terre et du sable. Tout cela représente le côté « pile » de la Guajira. Mais plus on roule et plus on se rend compte de son côté « face ». Se succèdent une série de péages de fortune gardés par des enfants. Lorsque le chauffeur daigne leur remettre un sachet d’eau de 200 ml, ces derniers se résignent à abaisser une corde, faite de haillons, tenue par deux piquets de bois plantés dans le sol. Selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme, 5 000 enfants sont morts depuis 8 ans dans cette péninsule extrême de la Colombie, faute d’accès à l’eau potable et à une nourriture suffisante. Un autre couleur, plus sombre, vient donc s’ajouter au tableau de la Guajira. En route vers Punta Gallinas, La Guajira (Colombie), 15 septembre 2016 © Tango tout horizon

Goûter de tout

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Dégustation de zapotes à Minca (Colombie), 8 septembre 2016 © Tango tout horizon

Quoi de plus exotique que de goûter à de nouveaux fruits lorsqu’on voyage ? Depuis que je suis arrivée en Colombie, j’en ai découvert trois : pitaya, lulo ou encore zapote. Le goût du zapote me fait penser à un mélange de courge et de melon. Le lulo est plutôt acide. Quant au pitaya, il ressemble au fruit du dragon vietnamien mais avec beaucoup plus de goût. Ce fruit se déguste les yeux fermés tellement il est succulent. Il est évidemment très bon pour la santé, bla bla bla… Mais il faut, d’après ce que disent les Colombiens, ne pas trop en abuser au risque de faire un séjour forcé là où le roi va seul ! Et dans la rue, à l’instar du Vietnam ou du Cambodge, on peut facilement se procurer une substance parfaitement légale : le « jugo natural » (jus de fruits naturel). La Colombie serait un des pays qui comptent le plus de variété de fruits au monde. En France, que choisir entre le pago fraise et le pago abricot ? Quel ennui ! Pour y remédier, je pourrais me mettre à l’alcool mais je garde espoir qu’un jour, on puisse trouver des vendeurs ambulants de jus de fruits naturels. Dégustation de zapotes dans la Sierra Nevada de Santa Marta (Colombie), 8 septembre 2016 © Tango tout horizon

J’en veux « Angkor » !

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Temple de Ta Prohm, 19 août 2016, Siem Reap (Cambodge) © Tango tout horizon

Au départ, je pensais visiter deux ou trois édifices par jour du complexe d’Angkor, dont les temples et les cités ont été bâtis par les rois successifs de la civilisation Khmère afin d’assoir leur pouvoir. Mais le choc esthétique et la fascination de ces vielles pierres m’ont finalement poussée à en visiter quinze en l’espace de trois jours. En louant un scooter, je me suis déplacée librement de temple en temple, ce qui n’était pas pour plaire aux chauffeurs de tuktuks (sorte de carriole tractée par un scooter) considérant mon acte comme un manque à gagner pour eux. Vaille que vaille, cela m’a permis de voir des temples éloignés comme celui de Banteay Srei (citadelle des femmes), un de mes préférés. Celui de Ta Prohm, bien que touristique et rendu célèbre par le film « Tomb Raider », reste impressionnant. La végétation a repris ses droits sur ces blocs de pierre érigés au 12e siècle et qui continuent aujourd’hui de s’effondrer. C’est l’un des seuls sites que les archéologues ont laissé volontairement dans son état au moment de sa découverte, c’est-à-dire relativement en ruines et envahi par des arbres gigantesques. Cela donne au lieu une atmosphère très particulière. Oh, temples d’Angkor, combien de temps encore allez-vous peupler ma tête et mon corps ? Temple de Ta Prohm, 19 août 2016, Siem Reap (Cambodge) © Tango tout horizon

Battambang, une ville de connexions

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Battambang (Cambodge) 16 août 2016 © Tango tout horizon

Pourquoi des expatriés, anglais, français, norvégiens, américains… décident de s’installer dans une ville comme Battambang ? Comparé à d’autres villes du Cambodge, les touristes ne trouvent pas grand-chose à y faire. Absence de mer, de montagne, d’attraction majeure. Mais c’est justement parce que cette ville n’est pas touristique qu’elle a du charme. Située à 5h en voiture au nord de Phnom Penh, à taille humaine, Battambang offre une atmosphère reposante, propice aux rencontres. Je comprends pourquoi une chère amie a décidé d’y faire un stop pour quelques mois ! Battambang (Cambodge) 16 août 2016 © Tango tout horizon

Mémoire à coeur ouvert

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Musée du génocide de Tuol Sleng à Phnom Penh (Cambodge) 9 août 2016 © Tango tout horizon

Entrer dans le musée du génocide de Tuol Sleng à Phnom Penh me fait penser au poème de Rimbaud, « Le dormeur du Val ». L’entrée en matière est plutôt paisible avec le jardin central composé de palmiers et de diverses essences d’arbres. Difficile alors d’imaginer le passé que renferment ces bâtiments. Ce musée est en fait l’ancienne prison S21, ancien lycée reconverti en centre d’interrogatoire et de torture par le régime des Khmers rouges de 1975 à 1979, l’un des plus grands du Cambodge. Ce n’est pas un musée comme les autres. Ici, le contenant est indissociable du contenu. Les murs décrépis, le dallage usé, les lits en fer, les crochets au sol pour attacher les prisonniers, les instruments de torture ont été conservés tels quels. L’audio-guide invite à l’introspection et accompagne le visiteur dans ce douloureux parcours. Inutile de connaître l’histoire du pays : les panneaux, les explications audio, les témoignages et les photos permettent d’appréhender le contexte d’une telle barbarie. Généralement, les chauffeurs de tuktuks (sorte de cariole tractée par un scooter) essaient de vendre aux touristes un tour complet incluant le musée et les killing fields de Cheung Ek, où les prisonniers de la prison S21 étaient exécutés. Non, merci, je n’en ai pas la force. Je choisis de finir la visite dans une salle de médiation créée au sein du musée pour décompresser après tant d’émotions. Musée du génocide de Tuol Sleng à Phnom Penh (Cambodge) 9 août 2016 © Tango tout horizon

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Homestay à Ha Giang (Vietnam) 24 juillet 2016 © Tango tout horizon

Je découvre un concept d’hébergement fort sympathique, qui permet de s’immiscer dans la vie d’une famille vietnamienne et dans la vie locale : le homestay. Cela ressemble aux bed and breakfast ou chambres d’hôtes que nous connaissons en Europe. On partage les repas avec la famille qui nous reçoit, le même toit et, si éventuellement certaines activités. J’en fais l’expérience dans le nord du pays dans un petit village près de la ville d’Ha Giang. La famille qui me reçoit comprend 3 générations (5 personnes au total) et accueille 3 à 4 invités étrangers (américains, hollandais et français). La communication est loin d’être simple. Mais j’en profite pour apprendre quelques rudiments de vietnamien, tandis que j’enseigne un peu d’anglais à la grand-mère de la famille ultra motivée. La maison est typiquement taï, nom du peuple (54 peuples au total au Vietnam) à laquelle cette famille appartient : maison sur pilotis, murs et charpente à base de bois et de bambous, toit fait de feuilles de palmiers. La nuit, nous dormons tous dans une unique grande pièce séparée par de simples tissus pour préserver l’intimité de chacun. Homestay, une expérience authentique, en espérant que cela dure !

Street food, sans hésiter !

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Dégustation d’un Bun cha (spécialité vietnamienne) en pleine rue à Hanoï (Vietnam) 14 juillet 2016 © Tango tout horizon

En arrivant à Hanoï, c’est un peu le choc tant la circulation dans la ville est dense et chaotique. J’ai l’impression d’être à Yaoundé, même s’il est difficile de rivaliser avec la capitale du Cameroun. Impossible de déambuler tranquillement dans les rues, les trottoirs sont occupés par les deux-roues, les commerçants et leurs produits, mais aussi par des personnes assises sur des mini-tabourets en plastique qui avalent des plats fumants et alléchants. Peu aventureuse au début de mon voyage, j’ai satisfait mon appétit dans des restaurants, en bonne et due forme. Mais après plusieurs déceptions, je me suis tournée vers la streetfood, la « vraie » cuisine vietnamienne. Je pensais me condamner à une indigestion ou à une tourista sans nom, que nenni ! C’est ce que j’ai mangé de meilleur au Vietnam. La cuisine est simple, économique et savoureuse, préparée sur place avec un matériel rudimentaire. Même Barack Obama a testé la street food lors de sa visite au Vietnam en mai dernier, c’est d’ailleurs ce qui m’a convaincue. Si le président des Etats-Unis le fait, pourquoi pas moi ? Dégustation d’un Bun cha (spécialité vietnamienne) en pleine rue à Hanoï (Vietnam) 14 juillet 2016 © Tango tout horizon

Baie d’Along ou benne à ordures ? 

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Baie d’Along (Vietnam) 18 juillet 2016 © Tango tout horizon

Il y a des lieux comme la Baie d’Along qu’il est difficile de contourner, tant les touristes et les agences de voyage en font l’éloge. Alors, je me lance ! Une journée pour découvrir ce site célèbre du Vietnam pour sa multitude d’îles et d’îlots rocheux : visite en bateau, découverte de villages de pêcheurs, kayaking, snorkling (masque-palmes-tuba), Monkey Island… Une balade idyllique en perspective. Malheureusement, cette baie magnifique est gâchée par la présence de nombreuses ordures. Et quand notre guide nous annonce que nous pouvons nous baigner après une sortie en kayak, mon envie de me jeter à l’eau est coupée par la vue des bouteilles en plastique et autres déchets flottants. Le lendemain, je tente une plage moins touristique sur l’île de Cat Ba, mais le même paysage d’ordures me désole. Le tourisme au Vietnam se développe à plein régime, la conscience « verte » parviendra-t-elle à suivre le rythme ? Baie d’Along (Vietnam) 18 juillet 2016 © Tango tout horizon

Pagode, quel est ton secret ?

Temple de Beopjusa (Corée du sud) 5 juillet 2016 © Tango tout horizon
Temple de Beopjusa (Corée du sud) 5 juillet 2016 © Tango tout horizon

Les moines boudhistes savaient choisir leur lieu de recueillement. Généralement nichés au cœur des montagnes, près d’une source d’eau… Une nature environnante qui encourage probablement le travail du méditant. Je suis tombée par hasard sur de nombreux temples lors de randonnées que j’ai eu le plaisir et la douleur (aux mollets) d’effectuer dans quelques-uns des 20 parcs nationaux coréens. Le contraste entre nature et architecture est saisissant. En fait de temples, il s’agit plutôt de « complexes » composés de plusieurs bâtiments spirituels ayant chacun leur utilité. Et parmi ces bâtiments, une structure (parfois présente) qui s’élève sur plusieurs étages et généralement fermée au public, retient particulièrement mon attention : la pagode. Mes yeux ne peuvent s’en détacher tant ses formes sont harmonieuses. A l’intérieur y sont sculptées les principales étapes de la vie de Bouddha. La pagode contiendrait également ses reliques. Peu importe ce qu’elle abrite, sa beauté demeure un secret. Temple de Beopjusa (Corée du sud) 5 juillet 2016 © Tango tout horizon

Une musique qui blues

Concert de Gyeonggi Sori au musée folklorique national de Corée (Corée du Sud) 20 juin 2016 © Tango tout horizon
Concert de Gyeonggi Sori au musée folklorique national de Corée (Corée du Sud) 20 juin 2016 © Tango tout horizon

Je ne comprends ni leur signification ni leur contexte, mais je suis envoûtée par les chansons et musiques traditionnelles coréennes. Les instruments de musique comme l’Haegum ou l’Aajeng (instruments à cordes) sonnent comme des voix humaines et peuvent exprimer une gamme d’émotions très large. Idem pour les chanteurs dont la dextérité vocale m’impressionne. J’ai eu la chance d’assister à deux concerts : l’un au musée folklorique national de Corée à Séoul et l’autre dans la ville de Gwangju, située au sud de la Corée. A la fin du spectacle, je repars avec le même sourire aux lèvres. Et cela fait rire mes jeunes amis coréens, davantage branchés hip-hop ou pop. Je n’y peux rien. J’affectionne ces musiques et chants folkloriques qui semblent traverser le temps pour nous hypnotiser. Concert de Gyeonggi Sori au musée folklorique national de Corée (Corée du Sud) 20 juin 2016 © Tango tout horizon

On baisse la garde

Vue sur la ville de Séoul depuis la Sky Tower (Corée du sud) 20 juin 2016 © Tango tout horizon
Vue sur la ville de Séoul depuis la Sky Tower (Corée du sud) 20 juin 2016 © Tango tout horizon

Quel est le point commun entre la Corée, le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ? On s’y sent en sécurité. En quatre mois de voyage, je n’ai pas vu une scène de violence, pas une bagarre dans ces pays-là. Les gens seraient-ils plus zen qu’ailleurs ? On peut marcher dans la rue en pleine nuit dans une mégalopole comme Tokyo ou Séoul, sans courir le risque de se faire agresser. C’est triste à dire mais ayant grandi et vécu en France dans des villes où la violence est omniprésente, j’ai certains réflexes : je fais très attention à mon sac, j’analyse les comportements suspects autour de moi… Les Tokyoïtes (plus de 13 millions) n’attachent pas leur vélo dans la rue. J’exagère peut-être mais dans une ville comme Marseille, un vélo non attaché, même devant un poste de police muni de caméras de surveillance, disparaîtrait en moins d’une minute  ! J’imagine mes amis coréens, japonais, australiens ou néo-zélandais débarquant dans la cité phocéenne comme des agneaux au milieu d’une meute de loups. Pourtant, j’aime mon pays et sa ville tant décriée, Marseille. Je ne cesse d’en faire la promotion ! Alors, je suis franche avec eux et leur conseille d’adopter certains réflexes (en particulier dans les grandes villes) pour apprécier leur séjour en toute tranquillité. Vue sur la ville de Séoul depuis la Sky Tower (Corée du sud) 20 juin 2016 © Tango tout horizon

Quand il y en a pour un il y en a pour deux

Food market à Séoul (Corée du Sud) 16 juin 2016 © Tango tout horizon
Food market à Séoul (Corée du Sud) 16 juin 2016 © Tango tout horizon

Lorsque qu’un Coréen, rencontré la veille de mon départ du Japon, m’avait dit que je serai son invitée dans son pays, je n’avais pas bien compris le concept. Lui, comme bien d’autres Coréens, m’ont non seulement donné de leur temps pour me faire découvrir leur culture, mais ils m’ont également tout offert, sans rien me laisser payer. En France, on se fait rarement invité par ses amis au restaurant, généralement, on partage l’addition. Faut dire que les prix des restaurants, comparé au Japon ou à la Corée, sont beaucoup plus élevés et qu’on n’y ne mange pas tous les jours. Je n’ai pas fait une randonnée sans qu’on ne propose de la nourriture. A tel point que je me suis demandée si je ne pas faisais pas pitié. Mais d’autres touristes étrangers ou coréennes ont vécu la même expérience. Cette culture du partage, on la trouve aussi dans les auberges de jeunesse. J’ai été plusieurs fois invitée à partager le repas du propriétaire ou du personnel de l’auberge où je séjournais. Ce qui n’est pas pour me déplaire car la cuisine coréenne, dans laquelle les légumes sont souvent présents, est un régal. Je crois que le must, c’est lorsqu’en revenant de l’île de Jeju (au sud du pays), une Française et moi avons demandé à un jeune homme et à sa maman comment rejoindre la gare routière la plus proche. Ils nous ont proposé de nous y déposer en voiture. Mais avant, ils nous ont invitées au restaurant. Et une fois arrivés à la gare routière, ils sont descendus de voiture pour nous payer à chacune notre ticket de bus, sans nous laisser le choix. Tout cela en l’espace d’une heure. Donner sans compter dans un pays aussi développé a de quoi me fasciner ! Food market à Séoul (Corée du Sud) 16 juin 2016 © Tango tout horizon

Glacé  à l’extérieur, bouillant à l’intérieur

Parc national de Daisetzuzan (Japon) 30 mai 2016 © Tango tout horizon
Parc national de Daisetzuzan (Japon) 30 mai 2016 © Tango tout horizon

On connaît surtout le côté urbain et culturel du Japon, mais le Japon regorge d’espaces naturels où s’égarer. J’ai fait la connaissance du Mont Asahidake, appartenant à la chaîne volcanique et Parc national de Daisetzusan, au centre de l’île d’Hokaido. Culminant à 2290 m, ce volcan toujours actif est en partie recouvert de neige, en cette fin de mois de mai. Je n’ai pas l’équipement nécessaire mais le désir irrépressible de monter au sommet me prend avec un couple d’Allemands. Chaussés de simples bottes, ils rebrousseront chemin à mi-parcours. Je décide alors de suivre un Japonais qui – c’est une chance – est rompu aux randonnées de montagne (il a réalisé l’ascension du Kilimandjaro en Tanzanie, rien que ça !). Il me conseille dans la montée comme dans la descente et j’enfonce mes pas dans les siens, parfois jusqu’au genou. Mais ce sont mes mains qui souffrent le plus. Un vent glacial nous accompagne une bonne partie du chemin. Arrivés au sommet, on ne voit absolument rien mais je suis comblée. Mon guide m’explique alors que « Daisetzuzan » signifie « Montagnes de neige abondante ». Je comprends pourquoi ! Parc national de Daisetzuzan (Japon) 30 mai 2016 © Tango tout horizon

Ours bruns, daims : deux poids deux mesures

Parc national de Shiretoko (Japon) 26 mai 2016 © Tango tout horizon
Parc national de Shiretoko (Japon) 26 mai 2016 © Tango tout horizon

Je me suis toujours dit : « Si je suis poursuivie par un ours, je me réfugie en haut d’un arbre ». Mais les marques de griffes sur le sapin au premier plan de la photo ci-dessus me font changer d’avis. Le Parc national de Shiretoko, sur l’île d’Hokkaido au Japon, compte l’une des plus fortes densités de population d’ours au monde. Et, saison des amours oblige, les visiteurs du Parc doivent être accompagnés d’un guide pour en faire le tour complet sans danger. Saturo, notre guide, porte sur lui des clochettes, afin de prévenir les ours de notre présence, et une sorte de spray – ne me demandez pas ce qu’il contient et surtout si c’est efficace – sensé les éloigner. En plus de savoir comment réagir en cas de rencontre fortuite, il fait de son mieux pour nous donner quelques informations en anglais sur la faune et la flore en général. Nous ne croiserons aucun ours ce jour-là (j’en suis presque déçue), mais les attaques sont bel et bien réelles et, chaque année, des personnes tombent sous leurs griffes, en dehors du territoire du Parc. Reste à savoir pourquoi ils s’attaquent aux humains ? Réduction de leur habitat, chasse ? Il faut dire qu’ils n’ont pas la même popularité que les célèbres Daims de Nara (dans la région du Kansaï près de Tokyo). Considérés comme animaux sacrés et trésors nationaux, ces herbivores chéris cohabitent paisiblement avec l’Homme depuis des siècles. Parc national de Shiretoko (Japon) 26 mai 2016 © Tango tout horizon

WC, mon amour…

Tokyo, 21 mai 2016 © Tango tout horizon
Tokyo, 21 mai 2016 © Tango tout horizon

Le degré de sophistication au Japon peut se voir sur un objet aussi trivial qu’indispensable : les toilettes. Première surprise, le siège est chauffé en permanence procurant un confort sans nom. Et ce n’est pas tout. Une manette reliée au WC ou située sur le mur permet de régler jet d’eau (pour se nettoyer l’« avant » ou l’« arrière »), température, musique (pour déféquer en toute tranquillité)… Je n’ai pas encore tout décodé. On trouve ces Rolls Royce des sanitaires dans la plupart des lieux publics : gares, aéroports, bars, restaurants, centres commerciaux, auberges et même dans certains trains à grande vitesse. J’ai parfois du mal à quitter ce trône en or, surtout quand je pense à nos cabinets européens en hiver. Les toilettes au Japon, c’est addictif !

Dans l’arène des sumos

Tokyo, 21 mai 2016 © Tango tout horizon
Tokyo, 21 mai 2016 © Tango tout horizon

J’ai choisi mon auberge au hasard, sans savoir qu’elle était située dans le « quartier sumo » de Ryogoku (Tokyo) à deux pas du Kokugikan Sumo Hall, et que se tenait, au mois de mai, l’un des plus grands tournois de sumo de l’année. A plusieurs reprises, je remarque qu’une foule fait la queue chaque fin d’après-midi pour tirer le portrait de ces stars de la lutte japonaise. Curieuse, je décide d’assister à un tournoi, même si c’est le dernier de la saison et qu’il va falloir faire le pied de grue dès 5h du matin pour obtenir une place. Qu’à cela ne tienne ! J’y vais et rencontre un groupe de Japonais ne parlant pas anglais. Malgré tout, ils m’adoptent et nous passons la journée ensemble jusqu’à la remise des trophées. On sort pour manger, on revient pour se balader dans l’enceinte du stade, on visite le musée du sumo, on savoure la soupe des sumos (chanko-nabe), on discute beaucoup… J’aime le côté social de ce sport millénaire et initialement pratiqué dans le cadre de cultes shinto. Je suis fascinée par ces lutteurs qui – par leurs rondeurs et leur force – imposent le respect. J’apprendrai plus tard que le Japon compte de plus en plus de sumotoris étrangers, surtout Mongols comme Hakuho, le champion de ce tournoi. La vie d’un sumo bascule en quelques secondes sur le dohyô (ring). En effet, les combats sont très courts et ça défile ! Avant 14-15h, place aux apprentis. Lorsque les professionnels entrent en scène, les rituels se multiplient et la salle se remplit. Vous devinez probablement pour qui je suis dans ce combat amateur de David contre Goliath sur la photo ci-dessus ? Malgré une forte résistance, mon favori ne remportera pas la victoire ce jour-là. Mais dans de nombreux duels, la technique, alliée à la vitesse et à l’agilité, semble plus déterminante que le poids. Tokyo, 21 mai 2016 © Tango tout horizon

Milford Sound : des larmes en « cascade »

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Je ne pensais pas aimer autant un paysage sous la pluie. Le spectacle commence dès la montée dans le bus – à partir du village de Te Anau. On admire des montagnes qui « pleurent » à flots, on s’arrête pour faire une courte marche à travers une forêt aux arbres vermoulus. Puis, on quitte la terre ferme pour embarquer sur un bateau. On navigue entre les montagnes, en partie submergée par la mer, entourées de nuages et, encore une fois, dégoulinant de cascades. Paysage mystique… Je suis dans un fiord ! Un accompagnateur m’explique qu’il préfère la pluie au beau temps car on peut alors voir de nombreuses chutes d’eau. Il suffit qu’il fasse beau pendant 4h pour que celles-ci disparaissent. Pour une fois que la pluie n’est pas un désavantage ! Milford Sound, j’en rêve encore les yeux ouverts. Milford Sound (Nouvelle-Zélande), 7 mai 2016 © Tango tout horizon

Soeurs de sang ou soeur de coeur ?

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En rentrant dans le dortoir de l’auberge où je loge à Dunedin, ville située au sud-est de la Nouvelle-Zélande, je tombe sur deux nouvelles pensionnaires. Leur ressemblance me laisse penser qu’elles sont sœurs. Erreur ! Elles sont simplement amies. Sina et Mareike se sont rencontrées il y a 4 ans en Allemagne durant leurs études. Comme de nombreuses personnes de leur âge, elles ont quitté leur pays natal pour vivre un an en Nouvelle-Zélande en alternant vacances et travail (working holiday visa). Comment peuvent-elles se ressembler autant : le regard, le sourire, la coupe de cheveux, la voix et même la tenue vestimentaire ? Cela me fascine et ce n’est pas la première fois que je constate ce phénomène, à l’étranger ou même en France. Quelqu’un m’a dit un jour qu’on avait chacun un sosie quelque part. Dans mon cas, je cherche encore ! Dunedin (Nouvelle-Zélande), 9 mai 2016 © Tango tout horizon

Se défaire de ses préjugés en quelques « coups de ciseaux »

Coifeuse afro à Auckland

Ma chère maman n’étant pas là pour tailler le buisson que j’ai sur la tête, j’ai dû trouver une autre solution. Tout près de l’hôtel où je loge à Auckland, je tombe sur un salon de coiffure afro. Le seul de toute la Nouvelle-Zélande m’assure la coiffeuse, propriétaire des lieux avec son mari. Son mari, qui se chargera de me couper les cheveux, est allé récupérer leurs enfants à l’école, donc nous avons le temps de parler. Tous les deux sont ghanéens et ont immigré en Nouvelle-Zélande en 1995. Je n’en croiserai pas beaucoup des Africains durant mon séjour. Je ne peux m’empêcher de lui demander si elle se sent bien acceptée par le reste de la population, si elle n’est pas victime de – un mot fort qui veut dire beaucoup et pas grand-chose à la fois – racisme. Elle me répond qu’elle ne rencontre aucun problème et que ses enfants sont très heureux ici. Elle est convaincue que la réaction des autres dépend de son propre comportement et de ses idées. Si elle avenante, on lui renvoie le même accueil. Sa réponse, tellement évidente, me fait du bien, car derrière cette question, j’exprime l’une des craintes qui revient parfois au cours de mon voyage, à savoir : « comment suis-je perçue, de part ma couleur de peau différente de la plupart des personnes que je croise,» ? » Je me sens toute légère après cette coupe parfaitement exécutée et des pensées parasites en moins ! Auckland (Nouvelle-Zélande), 14 avril 2016 © Tango tout horizon

Un puits pour communiquer avec le monde

Ont-ils perdu leur portable ? Sont-ils en train de tester l’écho de leur voix ? Difficile à croire mais ils essaient de communiquer avec la Turquie à travers ce puits. C’est l’un des 3 « puits acoustiques » (sonic well) réalisés par l’artiste Allan Giddy pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale et en particulier la bataille de Gallipo en Turquie. Une bataille dont je n’avais jamais entendu parler auparavant et à laquelle la Nouvelle-Zélande a participé, perdant un bon nombre de sa population. Installés pour 3 mois en Turquie (Canakkale), en Nouvelle-Zélande (Wellington) et en Australie (Auburn), ces puits capturent et retransmettent en direct les sons d’ambiance et les conversations des passants d’un pays à l’autre. Un projet simple qui réunit les 3 pays de manière symbolique. Même si nous n’avons pas réussi à communiquer avec la Turquie ou l’Australie le jour où a été prise cette photo (personne au bout du fil), ce puits nous a au moins permis de communiquer entre nous ! Wellington (Nouvelle-Zélande), 30 avril 2016 © Tango tout horizon

Au sommet du mont « Hobbit »

J’aurai pu me contenter du Tongariro Alpine crossing, balade de 5h complètement balisée. Mais non, j’ai voulu rajouter un petit bonus de 3h. Le mont Ngauruhoe culimine à 2291 m et fait partie du massif volcanique du Tongariro. C’est le volcan le plus actif de la Nouvelle-Zélande (dernière éruption en 1975). Pour la petite histoire, il a servi de lieu de tournage à la célèbre trilogie des Seigneurs des anneaux. Quand les Kiwis (surnom des Néo-Zélandais) déconseillent de faire quelque chose, ce n’est pas pour rien. Une sacrée montée et descente sur des pierres volcaniques, certes de toute beauté mais qui roulent sous les pieds, attendent les marcheurs intrépides. Des blocs ressemblant à des rochers sont en fait des amas de sable et s’effondrent au moindre passage. Bref, un sol instable combiné à une forte pente. Mais arrivé au sommet, quel spectacle sur la chaîne de volcans juste en face ! Et sur la totalité de la marche, on en a plein la vue et plein le nez : cheminées fumantes, odeur de soufre, coulées de lave issues de diverses éruptions volcaniques, lacs d’un bleu intense, cratères… Une des plus belles balades que j’ai eu l’occasion de faire dans ma vie. Tongariro (Nouvelle-Zélande), 21 avril 2016 © Tango tout horizon

Un spa naturel à coup de pelle

Sur les plages de Whitianga, ce sont surtout les adultes qui s’amusent à faire des trous dans le sable. Les hot water beaches de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande sont, à première vue, assez banales. Elles possèdent, en réalité, un atout très original permettant aux visiteurs de construire leur propre spa. Des sources d’eau chaude, localisées à deux endroits précis sur la plage, remontent des profondeurs de la terre à 64° et entrent en contact avec l’océan Pacifique sous le sable. Pour en bénéficier, il « suffit » de creuser, à marée basse, un large trou de la profondeur d’une baignoire, ce qui laisse à peu près 2 heures de bien-être, 2 fois par jour ! Il faut néanmoins un peu de stratégie et d’expérience pour savoir où creuser pour ne pas se brûler l’arrière-train, et construire un mur de sable pour se protéger des vagues trop fortes. Avec mes compagnons de route, il nous a fallu de l’aide pour obtenir un modeste jacuzzi détruit 10 minutes plus tard par l’océan. Nous avons fini par demander à des personnes plus expertes si nous pouvions partager leur spa. L’union fait la force ! Whitianga (Nouvelle-Zélande), 16 avril 2016 © Tango tout horizon

Tu me prêtes ton sel ?

Un des moments et des endroits que je préfère dans les auberges de jeunesse, c’est la cuisine ! Ces cuisines immenses et bien équipées voient défiler des baroudeurs toute la journée mais le pic se situe aux environs de 19-20h. Seuls, en couple, en groupe, des voyageurs de différentes nationalités s’affairent à mitonner un plat. C’est amusant de voir les différences alimentaires, on peut y piquer des idées. Et parfois, quand quelqu’un se sent l’âme généreuse, il partage même son plat avec vous. C’est souvent là que des amitiés naissent. Certains voyageurs sont en fait résidents. J’en ai rencontré qui habitaient l’auberge depuis plus d’un an (quelques heures de travail contre hébergement par exemple) ! L’auberge de jeunesse et sa cuisine, c’est un peu comme un phare en pleine mer. Après une bonne ou une mauvaise journée, je suis toujours contente d’y retourner pour me reposer, échanger avec des backpackers ou encore publier quelques infos sur mon blog ! Brisbane (Australie), 10 avril 2016 © Tango tout horizon

Des idées électriques

Si on a la fibre artistique à Brisbane, on peut envoyer sa candidature à la mairie pour peindre une des armoires électriques de la ville (trafic signal boxes). On en trouve de partout, décorées par des artistes différents. Un moyen de rendre des équipements urbains moins tristounets. Brisbane (Australie), 10 avril 2016 © Tango tout horizon

A chaque ville ses animaux préférés

A Paris, on a nos chers pigeons, à Marseille nos adorables gabians (goélands). Dans les villes australiennes, on peut compter sur les ibis, les perroquets, les corbeaux, les chauves-souris ou comme sur cette photo les Eastern water dragons (à Brisbane). Il suffit de se promener dans le jardin botanique ou traverser l’Université de technologie, situés près de Brisbane river, pour l’apercevoir. Le plus gros lézard que j’ai jamais vu ! Brisbane (Australie), 9 avril 2016 © Tango tout horizon

Un paradis pour les enfants… et les plus grands

Une piscine pour hôtel de luxe ? Pas du tout. Il s’agit d’une piscine publique en plein air et gratuite à Brisbane ouverte toute l’année. Ils ont le chic en Australie pour lier l’utile à l’agréable avec créativité. Des jardins et des espaces verts plus ou moins domestiqués, une plage reconstituée, une voie bordée de bougainvilliers, des restaurants… composent le paysage de South Bank Parklands. Cet ensemble, qui fait face au quartier des affaires, a été créé après l’exposition universelle de 1988. Tout se trouve dans le détail : des jeux d’eau inventifs, des coins pour pique-niquer ou simplement se reposer. Ces espaces sont parsemés de musées (pour la plupart gratuits). Pratique quand on veut se rafraîchir ou se cultiver ! Brisbane (Australie), 5 avril 2016 © Tango tout horizon

Batman a du soucis à se faire

Vers 18h, elles commencent à s’agiter dans les énormes Fig trees (figuiers). Certaines se font des câlins, tandis que d’autres, imperturbables, continuent de roupiller. Ce ne sont pas des oiseaux que vous entendez sous les figuiers du centre-ville de Cairns mais des mammifères. Little red flying fox (Pteropus Scapulatus) et Spectacles flying fox (Pteropus Conspicillatus), sont deux espèces de chauves-souris visibles et audibles de jour comme de nuit. La première, présente uniquement dans le nord-est de l’Australie et en Nouvelle-Guinée, a une taille impressionnante (jusqu’à 25 cm de longueur). Fin mars, nous sommes à la fin de la saison des amours, comme me l’explique un volontaire de l’association d’Australian Bat Society, ces chauves-souris vivent en colonie de plusieurs milliers d’individus, si bien que quand elles s’envolent aux alentours de 18h30 à la recherche de nourriture (fruits et nectar), elles ne passent pas inaperçu ! Une attraction qui ne coûte pas un centime et qui, selon moi, vaut largement la barrière de corail. Cairns (Australie), 28 mars 2016 © Tango tout horizon

La barrière de corail, pour combien de temps ?

J’ai été, comme de nombreux touristes, enchantée de faire du palmes-masque-et-tuba sur l’un des récifs de la Grande barrière de corail, le plus grand ensemble corallien du monde. Admirer des formes et des couleurs de coraux incroyables (bleutés, orangés, rosés, violacés…) et des poissons tout aussi colorés qui en profitent, à environ 1h30 en bateau au large de la ville de Cairns, c’est magique. Mais la magie se perd en découvrant de nombreux coraux morts. Pas un mot de l’équipage sur la protection des coraux. A la fin du voyage, je suis hantée par un double-sentiment : la joie d’avoir vu quelque chose d’unique et la culpabilité de participer indirectement à leur disparition. Grande barrière de corail, Cairns (Australie), 29 mars 2016 © Tango tout horizon

Wallabies et kangourous, à ne pas confondre

Je me demande quoi faire à Alice Springs, ville la plus proche du fameux rocher d’Uluru. On me conseille d’aller au Telegraph Station, site historique connu pour l’envoi de télégraphes (entre 1871 et 1930) mais aussi comme le premier peuplement d’Européens dans le centre de l’Australie. Quelle surprise de découvrir de beaux paysages rocailleurs et sablonneux et ce que je pense être mon premier kangourou, à seulement 4 km de mon auberge de jeunesse ! Un Australien, qui passe par là, m’explique qu’il s’agit d’un wallaby, beaucoup plus petit qu’un kangourou. Quelques recherches sur internet et j’apprends en effet que kangourous et wallabies font partie de l’ordre des marsupiaux qui comprend plusieurs espèces et qu’en réalité, l’Australie compte plus de wallabies que de kangourous. Alice Springs (Australie), 25 mars 2016 © Tango tout horizon

La culture aborigène droit au cœur

Durant 3 jours et 2 nuits, un guide nous fait ressentir la dimension culturelle et spirituelle de ces sites que l’on peut voir, au premier abord, simplement comme de beaux rochers. Uluru, Kata tjuta, Kings Cross (formations géologiques impressionnantes) et leurs plaines tout autour sont conjointement gérés par les Anangu (peuple aborigène), propriétaires initiaux, et l’administration des parcs nationaux. Ayant grandi en ville, je découvre le lien étroit qu’entretiennent les Aborigènes avec leurs terres. Une sacrée leçon de vie ! Kata Tjuṯa (Australie), 21 mars 2016 © Tango tout horizon

Musée pour comprendre l’immigration en Australie

Plusieurs danseurs de tango que j’ai rencontrés m’ont dit qu’ils étaient arrivés en Australie 25 ans auparavant. En visitant le musée de l’immigration de Melbourne, j’ai pu rectifier l’idée que je me faisais de « l’Australien typique ». Entre les aborigènes présents en Australie depuis au moins 35 000 ans, les Anglais arrivés à la fin du 18e siècle, les Chinois pendant la ruée vers l’or à partir de 1850, ainsi que toutes les autres immigrants (européens, asiatiques, américains, africains…) qui ont suivi, je réalise que l’identité australienne est un vrai melting-pot. Melbourne (Australie), 18 mars 2016 © Tango Tout horizon

Plusieurs danseurs de tango que j’ai rencontrés m’ont dit qu’ils étaient arrivés en Australie 25 ans auparavant. En visitant le musée de l’immigration de Melbourne, j’ai pu rectifier l’idée que je me faisais de « l’Australien typique ». Entre les aborigènes présents en Australie depuis au moins 35 000 ans, les Anglais arrivés à la fin du 18e siècle, les Chinois pendant la ruée vers l’or à partir de 1850, ainsi que toutes les autres immigrants (européens, asiatiques, américains, africains…) qui ont suivi, je réalise que l’identité australienne est un vrai melting-pot. Melbourne (Australie), 18 mars 2016 © Tango tout horizon

Passage du temps

Il faut du temps pour y arriver (environ 4h depuis Melbourne), mais ils en valent la chandelle. Les 12 apôtres (12 Apostles), le long de la Great ocean road, sont des falaises calcaires impressionnantes qui se sont détachées d’une falaise à cause de l’érosion. 8 sur 12 sont visibles, les autres se seraient effondrées. Sur cette photo, on voit les vagues grignoter la base de la première tour. Alors, combien de temps celle-ci va-t-elle encore tenir debout ? Près de Port Campbell (Australie), 17 mars 2016 © Tango Tout horizonIl faut du temps pour y arriver (environ 4h depuis Melbourne), mais ils en valent la chandelle. Les 12 apôtres (12 Apostles), le long de la Great ocean road, sont des formations calcaires impressionnantes qui se sont détachées d’une falaise à cause de l’érosion. 8 sur 12 sont visibles, les autres se seraient effondrées. Sur cette photo, on voit les vagues grignoter la base de la première tour. Alors, combien de temps celle-ci va-t-elle encore tenir debout ? Près de Port Campbell (Australie), 17 mars 2016 © Tango tout horizon

Des maisons moins chères que des appartements

Voici le type de maison dans laquelle j’ai pu habiter à Melbourne avec d’autres colocataires. Les appartements en Australie sont en fait très rares et chers, si bien que beaucoup d’Australiens et résidents temporaires vivent dans des maisons comprenant une petite cour ou jardinet. Melbourne (Australie), 14 mars 2016 © Tango tout horizon

Téméraires mais pas fous

J’aime cette insouciance derrière le filet anti-requins, sur une plage de Sydney. Mais pour prendre 0 risque, on reste quand même près du bord avec mes compagnons de route. Sydney (Australie), 13 mars 2016 © Tango Tout horizon

Des sièges réversibles dans les rames de métro !

Des sièges réversibles dans les rames de métro ! La première fois que j’ai vu un Australien inverser le sens d’une rangée de 2 sièges, j’ai halluciné. Il est possible de déplacer le siège dans le sens de la marche, on peut donc faire face à des passagers ou leur tourner le dos. Sydney (Australie), 09 mars 2016 © Tango Tout horizonLa première fois que j’ai vu un Australien inverser le sens d’une rangée de 2 sièges, j’ai halluciné. Il est donc possible de déplacer le siège dans le sens de la marche, et ainsi faire face à des passagers ou leur tourner le dos. Sydney (Australie), 9 mars 2016 © Tango tout horizon

Bouffée d’air frais dans les Blues Mountains

Ca fait du bien de prendre l’air dans les Blue Mountains, à 2h en train depuis Sydney. J’ai l’impression que Dame Nature s’est amusée à dessiner un trompe-l’oeil sur cet arbre. Katomba (Australie), 11 mars 2016 © Tango Tout horizonCa fait du bien de prendre l’air dans les Blue Mountains, à 2h en train depuis Sydney, accompagnée de mon amie et belle-soeur Caro. J’ai l’impression que Dame Nature s’est amusée à dessiner un trompe-l’oeil sur cet arbre. Katomba (Australie), 11 mars 2016 © Tango tout horizon

Et le chanteur se cassa la voix

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J’ai eu le privilège d’assister à un opéra – merci aux amis qui m’ont offert ce beau cadeau – dans l’un des joyaux de Sydney : l’Opera House ! Ce mardi 8 mars 2016 se jouait « Pearl fishers » (les pêcheurs de perles) de Bizet. Je trouvais que l’un des chanteurs principaux chantait à voix basse jusqu’au moment où sa voix à déraillé. Après le 1er acte, on nous a annoncé qu’il ne se portait pas bien et qu’il allait être remplacé par un autre chanteur. Différente carrure, un coffre différent mais 10 fois plus émouvant que le 1er. A la fin, il a été le plus applaudi. Sydney (Australie), 8 mars 2016 © Tango tout horizon

Une arrivée en fanfare à Sydney

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Sauvée par Catherine, Malaysienne au grand coeur qui m’a hébergée dans sa chambre d’hôtel, à mon arrivée à l’aéroport de Sydney samedi 5 mars 2016, avec Emilia et Ida, deux Danoises. On ne savait pas mais c’était la semaine du mardi gras gay et lesbien de Sydney. Donc plus aucune chambre de disponible à un prix raisonnable ! Sydney (Australie), 5 mars 2016 © Tango tout horizon

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9 réflexions sur “Histoires de voyage

  1. Sandra Castex dit :

    Je découvre ton blog avec le plus grand plaisir… À ton tour de me faire voyager !
    Tu m’étonneras toujours Irène ! Bravo pour ce blog et pour ce voyage, éclate-toi, régale-toi, imprègne-toi, et vis tout simplement.
    Je te suis de près depuis Raiatea.
    Je t’embrasse fort,
    Sandra

    J'aime

    1. tangotouthorizon dit :

      Merci Sandra ! C’est un peu grâce à toi et ton formidable voyage avec ta petite famille que j’ai eu l’idée de faire ce blog. Et si j’ai l’occasion de passer par la Polynésie, je te fais signe !
      Gros bisous
      Irène

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  2. Caroline dit :

    J’adore te suivre ! tes articles sont super, tant sur le fond que sur la forme. Si toi c’est la cuisine ton petit bonheur du soir, moi c’est de pouvoir me connecter aux gens que j’aime et suivre leurs aventures de près ou de loin ;). Continue comme ça !!

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    1. tangotouthorizon dit :

      Coucou Sabine, moi aussi ça me manque le yoga. Je vais être honnête, j’ai réussi à en faire 2 fois au cours de mon voyage (c’est Yves qui ne va pas être content !) : une fois toute seule et une autre fois dans un centre de yoga mais qui n’arrivait pas à la cheville de nos cours à Marseille.

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  3. Charlotte dit :

    Coucou Irène ! je viens de faire un bout de voyage avec toi à travers ces supers morceaux choisis Merci c’est trop bien! Plein d’endroits sublimes! J’ai hâte de voir tes articles sur le Vietnam, j’espère que tu pourras rester assez longtemps pour voir la famille ! Je sais que c’est pas un blog culinaire mais… ça serait chouette de voir une belle table vietnamienne ! Ciao !

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